Du journal
Le bijou de sac que Nora a créé pour l'anniversaire de sa mère
Nora est venue à l'atelier un mardi après-midi avec une idée et aucun plan. Sa mère allait avoir soixante ans, et chaque cadeau auquel elle avait pensé ressemblait à quelque chose qu'on peut acheter n'importe où. Un bijou de sac, c'était différent. Assez petit pour être porté tous les jours, et chargé d'un sens que seule sa mère comprendrait.
Elle a commencé par une breloque pastèque, parce que sa mère a grandi en passant tous ses étés chez ses grands-parents, près d'Ostende, où une tranche de pastèque après la plage n'était pas négociable. Puis sont venues quelques pierres vertes et rouges, choisies moins pour leur symbole que parce qu'elles allaient bien l'une à côté de l'autre. Une minuscule perle d'argent ici, un éclat de quelque chose de plus brut là. Nora l'a construit comme on construit une phrase dont on ne sait pas encore comment elle finit : un mot, un pas en arrière, un autre mot.
Le résultat n'était pas symétrique, et ne cherchait pas à l'être. On aurait dit qu'il avait été fait par quelqu'un qui connaissait la personne à qui il était destiné, ce qui était évidemment le cas.
Depuis, sa mère le porte sur son sac de tous les jours. Nora nous raconte qu'elle la surprend à vérifier qu'il est toujours bien accroché avant de quitter la maison, comme on vérifie qu'on a ses clés.
Nous entendons des versions de cette histoire plus souvent qu'on ne l'imagine. Une breloque faite pour quelqu'un d'autre finit par en dire plus qu'une carte, surtout parce qu'il a fallu plus de temps pour la faire qu'il n'en aurait fallu pour l'écrire.
Si vous pensez à votre propre version de cette histoire, nos ateliers sont faits exactement pour des après-midis comme celui de Nora : pas besoin de plan, juste une idée et un peu de temps.
— Paola